3.9.05

(out for lunch)


Demeter and Persephone
Possibly means "ready to journey" from Gothic "journey" and "ready".
Was the mother of Romulus and Remus, the founders of Rome.

Era felicidade porque tinha um fluxo harmonioso.
Era felicidade como qualquer movimento de irradiação é feliz.
Havia-me estilhaçado outrora num milhão de seres e objectos.
Hoje estou inteiro; amanhã estilhaço-me de novo.
E assim tudo no mundo se decanta e modula.
Naquele dia estive na crista da onda.
Sabia que tudo quanto me rodeava eram as notas de uma e mesma harmonia, sabia – secretamente – a origem e a inevitável resolução dos sons reunidos por um instante e o novo acorde que seria engendrado por cada nota dispersa.
O ouvido musical da minha alma sabia e compreendia tudo.


- Vladimir Nabokov


(esta seria só para ti, se fosse minha para ter o direito de a resguardar)

Ordens de grandeza

(início)
1 imagem <-> 1000 palavras
1 instante <-> 1000 imagens
1 olhar <-> 1000 instantes
(totalidade)
(merece ser post)


Está sempre calor. Calor das fogueiras que andam na rua sem sabermos delas, calor da lareira no horizonte, calor da eterna incineração dos medos e hesitações (ardem e passam à História), calor do corpo que não consegue conter hermeticamente a alma, calor das mãos distantes, calor num olhar ao vermo-nos através da rocha e do musgo, calor por entre o frio intersticial.

Ainda assim, calores que empalidecem ao lado desta coisa que sinto.
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Animus/Anima/Outono/Primavera/Yin/Yang/Lightning/Flame
CHANGING OF THE LIGHT
(Sullivan) 1993

The sky is broken in grey and in silver
The wind blows clean
We watch the shadows chase across the hillside
And out to sea
You and I, we're nearly full circle
It's just a touch away
And all the seeds we've sown in a lifetime
They'll come good some day
Pain is what you live with
And try to change the subject
In the dark the hands reach out
But I still feel the wonder
As the sky turns to fire
A catching in the heart
Standing between the worlds
In the changing of the light
Across the desert the wise men travelled
Following a dream
I see the same star shining above us
Endlessly
e por outro lado
October
And the trees are stripped bare
Of all they wear
What do I care
October
And kingdoms rise
And kingdoms fall
But you go on

(U2)

1.9.05

White Soul


In your plentiful void
In the company of dreams
Flaming tongues stir
And on
Shy of life's engine
Naked in utter light
Under timeless nonfinity
We keep the words
The original answers
Our boundless choices,
Only to seed the rippling,
unwritten tundra
Leaving the sacred mountain
in lesser hands.

30.8.05

http://www.inselkampf.co.uk/

Conflaggrare 23:5:17, score 576.
Alliance [Morkin], ranked #89.

Yay.
Sete (está-se tudo a passar)
(Palma)

São sete da tarde e está-se tudo a passar
Uns andam para a frente, outros querem virar
Outros ainda sonham com paragens distantes
Mas logo alguém ameaça com passos galopantes

São sete da tarde e passa tudo a correr
Alguém vai para casa tratar mal a mulher
Ele acha natural, ela esconde as suas rugas
Aquele ali vai p'rós copos tratar das suas fugas

Rei, infante, dama tão delirante
Que até os seus próprios sonhos desfaz
Valete condescendente, nem se digna a fazer frente
À magnitude do ás

O sete de paus nunca encontrou o seu canto
O sete d'ouros carrega cada vez mais encanto
O sete das espadas já ganhou outra cor
E o sete que era de copas... perdeu o seu amor

madrugada a dentro está-se tudo a passar
um homem discursa, sete estão a aturar
há quem evite as pedras que o destino arremessa
e o homem tem uma ideia... morrer durante a peça

rei, infante, dama tão delirante
que até os seus próprios sonhos desfaz
valete condescendente, não se digna a fazer frente
à magnitude do ás
à magnitude do ás.

29.8.05

零貳 叄陸

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Amo ergo sum, e precisamente nessa proporção.

(Ezra Pound)
Satori is not a morbid state of mind, a fit subject for the study of abnormal psychology. If anything, it is a perfectly normal state of mind. When I speak of mental upheaval, one may be led to consider Zen as something to be shunned by ordinary people. This is a most mistaken view of Zen, but one unfortunately often held by prejudiced critics. As Joshu declared, "Zen is your everyday thought"; it all depends on the adjustment of the hinge whether the door opens in or opens out. Even in the twinkling of an eye the whole affair is changed and you have Zen, and you are as perfect and as normal as ever. More than that, you have acquired in the meantime something altogether new. All your mental activities will now be working to a different key, which will be more satisfying, more peaceful, and fuller of joy than anything you ever experienced before. The tone of life will be altered. There is something rejuvenating in the possession of Zen. The spring flowers look prettier, and the mountain stream runs cooler and more transparent. The subjective revolution that brings about this state of things cannot be called abnormal. When life becomes more enjoyable and its expense broadens to include the universe itself, there must be something in Satori that is quite precious and well worth one's striving after.
Por aqui, tirando os anos de Método?



ou por aqui, tirando os tiques esquisitos?

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00:02:36 satori
SOLITUDE

C'était après un dîner d'hommes. On avait été fort gai. Un d'eux, un vieil ami, me dit :
- Veux-tu remonter à pied l'avenue des Champs-Élysées ?
Et nous voilà partis, suivant à pas lents la longue promenade, sous les arbres à peine vêtus de feuilles encore. Aucun bruit, que cette rumeur confuse et continue que fait Paris. Un vent frais nous passait sur le visage, et la légion des étoiles semait sur le ciel noir une poudre d'or.
Mon compagnon me dit :
- Je ne sais pourquoi, je respire mieux ici, la nuit, que partout ailleurs. Il me semble que ma pensée s'y élargit. J'ai, par moments, ces espèces de lueurs dans l'esprit qui font croire, pendant une seconde, qu'on va découvrir le divin secret des choses. Puis la fenêtre se referme. C'est fini.
De temps en temps, nous voyions glisser deux ombres le long des massifs ; nous passions devant un banc où deux êtres, assis côte à côte, ne faisaient qu'une tache noire.
Mon voisin murmura :
- Pauvres gens ! Ce n'est pas du dégoût qu'ils m'inspirent, mais une immense pitié. Parmi tous les mystères de la vie humaine, il en est un que j'ai pénétré : notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude. Ceux-là, ces amoureux des bancs en plein air, cherchent, comme nous, comme toutes les créatures, à faire cesser leur isolement, rien que pendant une minute au moins ; mais ils demeurent, ils demeureront toujours seuls ; et nous aussi.
On s'en aperçoit plus ou moins, voilà tout.
Depuis quelque temps j'endure cet abominable supplice d'avoir compris, d'avoir découvert l'affreuse solitude où je vis, et je sais que rien ne peut la faire cesser, rien, entends-tu ! Quoi que nous tentions, quoi que nous fassions, quels que soient l'élan de nos coeurs, l'appel de nos lèvres et l'étreinte de nos bras, nous sommes toujours seuls.
Je t'ai entraîné ce soir, à cette promenade, pour ne pas rentrer chez moi, parce que je souffre horriblement, maintenant, de la solitude de mon logement. A quoi cela me servira-t-il ? Je te parle, tu m'écoutes, et nous sommes seuls tous deux, côte à côte, mais seuls. Me comprends-tu ?
Bienheureux les simples d'esprit, dit l'Écriture. Ils ont l'illusion du bonheur. Ils ne sentent pas, ceux-là, notre misère solitaire, ils n'errent pas, comme moi, dans la vie, sans autre contact que celui des coudes, sans autre joie que l'égoïste satisfaction de comprendre, de voir, de deviner et de souffrir sans fin de la connaissance de notre éternel isolement.
Tu me trouves un peu fou, n'est-ce pas ?
Écoute-moi. Depuis que j'ai senti la solitude de mon être, il me semble que je m'enfonce, chaque jour davantage, dans un souterrain sombre, dont je ne trouve pas les bords, dont je ne connais pas la fin, et qui n'a point de bout, peut-être ! J'y vais sans personne avec moi, sans personne autour de moi, sans personne de vivant faisant cette même route ténébreuse. Ce souterrain, c'est la vie. Parfois j'entends des bruits, des voix, des cris... je m'avance à tâtons vers ces rumeurs confuses. Mais je ne sais jamais au juste d'où elles partent ; je ne rencontre jamais personne, je ne trouve jamais une autre main dans ce noir qui m'entoure. Me comprends-tu ?
Quelques hommes ont parfois deviné cette souffrance atroce.
Musset s'est écrié :

Qui vient ? Qui m'appelle ? Personne.
Je suis seul. - C'est l'heure qui sonne.
O solitude ! - O pauvreté !

Mais, chez lui, ce n'était là qu'un doute passager, et non pas une certitude définitive, comme chez moi. Il était poète ; il peuplait la vie de fantômes, de rêves. Il n'était jamais vraiment seul. - Moi, je suis seul !
Gustave Flaubert, un des grands malheureux de ce monde, parce qu'il était un des grands lucides, n'écrivait-il pas à une amie cette phrase désespérante : "Nous sommes tous dans un désert. Personne ne comprend personne."
Non, personne ne comprend personne, quoi qu'on pense, quoi qu'on dise, quoi qu'on tente. La terre sait-elle ce qui se passe dans ces étoiles que voilà, jetées comme une graine de feu à travers l'espace, si loin que nous apercevons seulement la clarté de quelques-unes, alors que l'innombrable armée des autres est perdue dans l'infini, si proches qu'elles forment peut-être un tout, comme les molécules d'un corps ?
Eh bien, l'homme ne sait pas davantage ce qui se passe dans un autre homme. Nous sommes plus loin l'un de l'autre que ces astres, plus isolés surtout, parce que la pensée est insondable.
Sais-tu quelque chose de plus affreux que ce constant frôlement des êtres que nous ne pouvons pénétrer ! Nous nous aimons les uns les autres comme si nous étions enchaînés, tout près, les bras tendus, sans parvenir à nous joindre. Un torturant besoin d'union nous travaille, mais tous nos efforts restent stériles, nos abandons inutiles, nos confidences infructueuses, nos étreintes impuissantes, nos caresses vaines. Quand nous voulons nous mêler, nos élans de l'un vers l'autre ne font que nous heurter l'un à l'autre.
Je ne me sens jamais plus seul que lorsque je livre mon coeur à quelque ami, parce que je comprends mieux alors l'infranchissable obstacle. Il est là, cet homme ; je vois ses yeux clairs sur moi ; mais son âme, derrière eux, je ne la connais point. Il m'écoute. Que pense-t-il ? Oui, que pense-t-il ? Tu ne comprends pas ce tourment ? Il me hait peut-être ? ou me méprise ? ou se moque de moi ? Il réfléchit à ce que je dis, il me juge, il me raille, il me condamne, m'estime médiocre ou sot. Comment savoir ce qu'il pense ? Comment savoir s'il m'aime comme je l'aime ? et ce qui s'agite dans cette petite tête ronde ? Quel mystère que la pensée inconnue d'un être, la pensée cachée et libre, que nous ne pouvons ni connaître, ni conduire, ni dominer, ni vaincre !
Et moi, j'ai beau vouloir me donner tout entier, ouvrir toutes les portes de mon âme, je ne parviens point à me livrer. Je garde au fond, tout au fond, ce lieu secret du Moi où personne ne pénètre. Personne ne peut le découvrir, y entrer, parce que personne ne me ressemble, parce que personne ne comprend personne.
Me comprends-tu, au moins, en ce moment, toi ? Non, tu me juges fou ! tu m'examines, tu te gardes de moi ! Tu te demandes : "Qu'est-ce qu'il a, ce soir ?" Mais si tu parviens à saisir un jour, à bien deviner mon horrible et subtile souffrance, viens-t'en me dire seulement : Je t'ai compris ! et tu me rendras heureux, une seconde, peut-être.
Ce sont les femmes qui me font encore le mieux apercevoir ma solitude.
Misère ! Misère ! Comme j'ai souffert par elles, parce qu'elles m'ont donné souvent, plus que les hommes, l'illusion de n'être pas seul !
Quand on entre dans l'Amour, il semble qu'on s'élargit. Une félicité surhumaine vous envahit. Sais-tu pourquoi ? Sais-tu d'où vient cette sensation d'immense bonheur ? C'est uniquement parce qu'on s'imagine n'être plus seul. L'isolement, l'abandon de l'être humain paraît cesser. Quelle erreur !
Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d'amour qui ronge notre coeur solitaire, la femme est le grand mensonge du Rêve.
Tu connais ces heures délicieuses passées face à face avec cet être à longs cheveux, aux traits charmeurs et dont le regard nous affole. Quel délire égare notre esprit ! Quelle illusion nous emporte !
Elle et moi, nous n'allons plus faire qu'un, tout à l'heure, semble-t-il ? Mais ce tout à l'heure n'arrive jamais, et, après des semaines d'attente, d'espérance et de joie trompeuse, je me retrouve tout à coup, un jour, plus seul que je ne l'avais encore été.
Après chaque baiser, après chaque étreinte, l'isolement s'agrandit. Et comme il est navrant, épouvantable.
Un poète, M. Sully Prudhomme, n'a-t-il pas écrit :

Les caresses ne sont que d'inquiets transports,
Infructueux essais du pauvre amour qui tente
L'impossible union des âmes par les corps...

Et puis, adieu. C'est fini. C'est à peine si on reconnaît cette femme qui a été tout pour nous pendant un moment de la vie, et dont nous n'avons jamais connu la pensée intime et banale sans doute !
Aux heures mêmes où il semblait que, dans un accord mystérieux des êtres, dans un complet emmêlement des désirs et de toutes les aspirations, on était descendu jusqu'au profond de son âme, un mot, un seul mot, parfois, nous révélait notre erreur, nous montrait, comme un éclair dans la nuit, le trou noir entre nous.
Et pourtant, ce qu'il y a encore de meilleur au monde, c'est de passer un soir auprès d'une femme qu'on aime, sans parler, heureux presque complètement par la seule sensation de sa présence. Ne demandons pas plus, car jamais deux êtres ne se mêlent.
Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit : "Oui", quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.
Me comprends-tu ?

Nous avions remonté la longue avenue jusqu'à l'Arc de triomphe de l'Étoile, puis nous étions redescendus jusqu'à la place de la Concorde, car il avait énoncé tout cela lentement, en ajoutant encore beaucoup d'autres choses dont je ne me souviens plus.
Il s'arrêta et, brusquement, tendant le bras vers le haut obélisque de granit, debout sur le pavé de Paris et qui perdait, au milieu des étoiles, son long profil égyptien, monument exilé, portant au flanc l'histoire de son pays écrite en signes étranges, mon ami s'écria :
- Tiens, nous sommes tous comme cette pierre.
Puis il me quitta sans ajouter un mot.
Était-il gris ? Était-il fou ? Était-il sage ? Je ne le sais encore. Parfois il me semble qu'il avait raison ; parfois il me semble qu'il avait perdu l'esprit.

- Guy de Maupassant